Il semble que chaque histoire que j’ai lue au sujet d’une mère célibataire commence par un terrible chagrin. Une relation abusive, un homme qui n’était pas tout ce qu’il semblait être. Ou une période de bonheur domestique suivie par un divorce amer. Moi je n’ai vécu rien de cela, je suis devenue maman solo par choix. Mon cheminement vers la maternité en solo a été le résultat d’un espoir fou. De donner la vie sans avoir trouvé l’amour. Et pourtant je l’ai cherché, pendant une certaine période.

Ma vie ne s’est pas déroulée pour moi comme je l’avais prévu. Vous savez comment nos vies sont sensées se dérouler: être diplômée de l’université, trouver un emploi, trouver un partenaire, se marier, s’installer. Et puis faire des enfants. La vie que nous pensons être la vie idéale. C’est à cela que j’aspirais au départ.

Mais ce n’est pas arrivé.

L’histoire de la façon dont je suis devenue une maman solo par choix n’a vraiment un début défini. Je n’étais pas abandonnée. Je n’avais pas un manque dans ma vie, ni vécu d’enfance difficile avec un père absent. J’étais psychologiquement stable et économiquement « correcte ».  Devenir maman solo était une décision à laquelle je suis arrivée au fur et à mesure du temps.

Je n’ai jamais envisagé ne pas avoir d’enfants dans ma vie. Pour autant ce n’étais pas une obsession chez moi. Disons, pas avant la trentaine. Mais je vais vous raconter mon histoire de maman solo par choix.

Nous sommes le résultat de tous nos choix.

J’ai eu le déclic en 2001, tout en regardant la télé. Les Etats-Unis avaient été frappés par le terrorisme. Combien de mères et de pères avaient étés tués? Combien d’orphelins cet attentat avait-il crée?

Puis je me suis imaginée être moi-même seule responsable d’un enfant. Seule avec ce bébé sur les genoux dans un stade ensoleillé lors de Roland Garros. Puis avec un jeune enfant en préparant Noël. Et enfin aller au cinéma avec un adolescent ou faire une virée dans un parc d’attraction. Dans aucune de ces images il n’était question d’un père.

Naturellement,  ces pensées n’ont pas étés suivies de faits immédiatement. Mais ce fut peut-être le commencement de mon cheminement. En 2001, j’avais encore 18 ans. Je croyais à l’amour et je venais de vivre ma première histoire sérieuse. J’ai passé ensuite de nombreuses années à croire au prince charmant, sans le rencontrer.

Le temps a passé et, malgré mes meilleurs efforts, le rêve du mariage et des enfants m’a échappé. 

J’ai cessé toute contraception à l’âge de 28 ans. En 2013, je me suis retrouvée enceinte de façon inattendue et j’ai perdu le bébé à 12 semaines de grossesse. Le choc de cette fausse couche est resté ancré en moi. J’ai du tirer un trait sur un avenir avec un bébé dans lequel je m’étais projetée. Un avenir de maman solo par choix.

J’ai passé des nuits à me demander si c’était le début de la fin. Était-ce ma dernière chance d’avoir un enfant qui venait de s’échapper? Etais-je déjà trop âgée pour concevoir? Est-ce que cela se reproduirait? Est ce que j’avais été punie d’avoir voulu être maman solo par choix? J’ai chassé cette idée en me rendant compte que la fausse couche touchait tout autant les mamans solos par choix que les autres.

J’ai entendu des histoires horribles de femmes qui étaient tombées enceintes quatorze fois sans qu’aucun enfant ne vienne au monde. Une amie peinait à concevoir un enfant et faisait fausse couche sur fausse couche. Ce qui la remplissait d’amertume. Elle a divorcé quelques années plus tard et elle ressassait le bonheur des autres. Comme si ces autres l’avaient personnellement attaquée en mettant au monde leurs enfants.

Je suppose que je ne voulais pas finir ainsi.

Le divorce et la dépression de mon amie a agit sur moi comme un électrochoc. J’ai pris un rendez-vous immédiatement chez un médecin spécialisé dans les questions de fertilité.

Ma fertilité a été testée: elle n’était pas prometteuse. J’ai examiné les différentes possibilités qui s’offraient à moi et j’ai pris ma décision.

Je passe en off les démarches que j’ai dû accomplir et les traitements que j’ai dû subir: ce n’est pas l’objet de mon témoignage. Mais je suis tombée enceinte en 2016.

D’une certaine manière, être maman solo par choix est difficile.

Vous avez un revenu, mais personne sur qui compter. Je me demande sans cesse ce qui arriverait si je venais à disparaitre. Mais être maman solo par choix est aussi une expérience incroyable. Je ne peux pas avoir l’unité familiale traditionnelle. Celle dont j’ai moi-même profité toute mon enfance. Mais c’est incroyable ce que nous pouvons atteindre avec de la détermination, de l’amour et une forte dose de technologie moderne.



6 Responses

  1. stacy maloteaux at |

    Bonsoir, tout d’abbord félicitation d’avoir le courage de choisir car je pense que ce choix n’est pas toujours accepté de l’entourage.

    Je suis diplômée dans l’enfance et j’aimerais écrire des livre pour les 3-6ans a peu près. Les enfants ont besoins de se retrouver dans les histoire mais bien souvent ils leur présentent des stéréotypes. Je souhaite créer des livres de situation particulière et qui pourtant concernent énormément d’enfant.
    Accepteriez-vous de me raconter ce qui vous a donné le courage de faire ? Comment envisagé vous la place de l’homme dans l’éducation? et comment penssez vous expliqué à votre enfant d’où il vient?

    C’est questions ne sont pas pour juger mais pour me permettre d’avoir une vue différente, si vous pouviez me renseigner sur d’autres témoignage de maman solo par choix, je serais ravie de recevoir leur histoire également.

    Merci de votre temps. Bonne soirée

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    1. Alphonse at |

      Je suis au début de la démarche PMA à l’étranger, j’ai réfléchis à ses questions (et à l’écriture de livre pour tout petit). Je veut bien en parler avec vous si cela vous intéresse.

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    2. variable at |

      Bonjour, ce message s’adresse à stacy maloteaux.
      J’ai 41 ans. Après une séparation d’un homme qui s’est avérée salvatrice pour mon avenir ou celui même d’un enfant, je suis dans une démarche PMA auprès de la Belgique. Je devrais avoir un bébé autour de mes 42 ans.
      Bien-sûr au départ je n’envisageais pas une telle situation, mais je voulais transmettre le fait qu’il faut absolument positiver lorsqu’on est dans cette démarche ne serait-ce que pour l’enfant ensuite. Et concernant la « représentation masculine », j’aurai un ami très proche qui est comme mon frère. Il sera le tonton. Par ailleurs, pour ce qui est de l’enfant si je décède j’ai l’accord de ma cousine proche pour prendre soin du bébé. Il faut faire ces démarches auprès d’un notaire : il s’agit d’une déclaration spéciale ou testament pour désigner ce tuteur qui s’occupera de l’enfant en cas de décès du parent. Voilà, tout cela se prépare, mais l’essentiel est le bonheur de tous et d’y croire ! 🙂

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      1. Léa at |

        Bonjour
        Comment allez vous? Avez vous fait la PMA? Je suis en train de me décider de le faire et j’aimerais beaucoup parler avec d’autres femmes qui ont pris cette décision.
        Tenez moi au courant si nous pourrions discuter de votre expérience.

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  2. Alphonse at |

    ça fait du bien de vous lire, je m’apprette à faire une démarche similaire à la votre, ça change des « accidents » et des « ruptures après conception ». Pour moi c’est un choix, et il me convient (j’ai pas vraiment de grande peur dans le domaine).

    Amitié,
    Alphonse

    Reply
  3. variable at |

    Bonjour, ce message s’adresse à stacy maloteaux.
    J’ai 41 ans. Après une séparation d’un homme qui s’est avérée salvatrice pour mon avenir ou celui même d’un enfant, je suis dans une démarche PMA auprès de la Belgique. Je devrais avoir un bébé autour de mes 42 ans.
    Bien-sûr au départ je n’envisageais pas une telle situation, mais je voulais transmettre le fait qu’il faut absolument positiver lorsqu’on est dans cette démarche ne serait-ce que pour l’enfant ensuite. Et concernant la « représentation masculine », j’aurai un ami très proche qui est comme mon frère. Il sera le tonton. Par ailleurs, pour ce qui est de l’enfant si je décède j’ai l’accord de ma cousine proche pour prendre soin du bébé. Il faut faire ces démarches auprès d’un notaire : il s’agit d’une déclaration spéciale ou testament pour désigner ce tuteur qui s’occupera de l’enfant en cas de décès du parent. Voilà, tout cela se prépare, mais l’essentiel est le bonheur de tous et d’y croire ! 🙂

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